Excursions

 

1- Excursion dans la région du Nord-Ouest du Maroc en juillet 2007  organisée à

   l'occasion du colloque international de l'UGI à Rabat, Maroc.

 

2- Préparation d'une excursion dans la province d'AL Haouz,  qui sera programmée

   au cours du mois de mars 2010 au profits des membres du GREMR en coordination

   avec l'Association du Développement du Monde Rural (ADMR).

   Dossier  technique de l'excursion en cours de préparation par:

   -  KERZAZI Moussa

   -  et FATEH Abdelali
 


 

Programme de l'excursion  à l'occasion  du colloque  international de l'UGI au Maroc, à Rabat en  juillet 2007-

 

Présentation des principaux arrêts de l’itinéraire d’excursion

 - Le littoral entre Rabat et Larache

De Rabat au seuil du Gharb, l’espace littoral est composé d’une succession de cordons dunaires parallèles à la ligne de côte, entrecoupés par les embouchures des oueds Bouregreg (entre Rabat et Salé) et Sebou (au niveau de Kenitra). Dans un paysage marqué par une homogénéité morphologique et des aptitudes physiques peu favorables à l’utilisation agricole, les dépressions interdunaires (Oulja), grâce à leur  potentiel en sol et en ressources hydriques,  sont les seuls terroirs cultivés dans un environnement de plus en plus soumis aux pressions urbaines.

      I.1- La campagne du littoral entre Rabat et Kenitra

La campagne littorale est à ce niveau sous utilisée sur le plan agricole, l’élevage extensif y constitue encore une forme d’utilisation  prédominante en rapport avec la prépondérance de la céréaliculture et la présence des terroirs composés de landes et de forêt (sur les cordons dunaires et en Maamora). Les terres de cultures de l’Oulja de Salé sont soumises à la pression foncière des promoteurs immobiliers citadins.  

L’étalement urbain sur ces terres, à partir  de Salé, d’un coté et de Kenitra  de l’autre, ainsi qu’autour des petits centres qui jalonnent la route, a entraîné l’atrophie d’un espace agricole périurbain voué à la production maraîchère et à l’élevage laitier

I.2-La campagne littorale du Gharb.

 Au niveau du Gharb, les terres littorales, sableuses et parsemées de merjas, connaissaient, traditionnellement, une utilisation articulée sur d’autres terroirs situés au centre de la plaine du Gharb. Les aménagements hydro agricoles menés à partir des premières années du Protectorat introduisirent une rupture dans la complémentarité entre les deux espaces relevant des mêmes territoires tribaux.

L’émergence d’une région agricole irriguée moderne a entraîné du même coup la marginalisation des terres du Sahel. Mais après avoir été longtemps voué à une valorisation sporadique par un élevage extensif peu rentable, il connaît depuis quelques années, un renouveau agricole grâce au déploiement d’un capital étranger et marocain. Le développement des cultures sous serre pour la production de cultures à haute valeur ajoutée et très consommatrice d’eau place cet espace au centre des convoitises des entrepreneurs agricoles qui, se basant sur des contrats de location des terres, mènent une exploitation peu soucieuse de la durabilité du potentiel fragile du Sahel.

 I.3-Le littoral du bas Loukkos  

Cest un plateau sableux et forestier (Subéraie) qui a connu, grâce au projet Loukkos, d’importantes transformations. L’irrigation par aspersion a permis l’extension sur ces terres, autrefois vouées à l’élevage ou à la culture du melon jaune, des cultures industrielles (cannes à sucre) et maraîchères (asperges, fraises), et l’apiculture dans la zone de Lalla Mimouna. (Troin J.F. dir, Maroc. Région, pays, Territoires. p.126)

 L’évolution récente des campagnes littorales entre Rabat et Larache est caractérisée par 4 faits essentiels : 

§         Étalement urbain et transformation d’anciens terroirs agricoles en zones urbanisées. Les principales villes situées sur cette bande littorale connaissent d’énormes besoins en espace compte tenu de l’évolution de la population en grande partie due aux flux migratoires (Rabat (623.457 hab. en 1994, 627.933 en 2004), Salé (579.850 hab. en 1994, 760.186 hab. en 2004), Kenitra (292.453 hab. en 1994, 359.142 hab. en 2004), Larache (90.400 hab. en 1944, 107.346 hab. en 2004))

 §         Extension des zones soumises à une agriculture sous serre grâce à l’exploitation de la nappe ‘’zone des Mnasra’’  

§         intégration agroindustrielle de l’espace du Sahel de Loukkos à travers la culture de la canne à sucre

 §         Promotion de nouveaux produits touristiques  autour des zones humides (Sidi  Boughaba- Merja Zerga, embouchure du Loukos) et des sites archéologiques, en plus des aménagements de stations balnéaires dans le cadre du Plan Azur (Station  de Khmis Sahel).

II. Le littoral entre Tanger et Tétouan

 Il constitue une partie de la péninsule de Tanger et se compose d’une succession de crêtes et de plaines développées à l’amont de l’embouchure des principaux oueds..

 II.1- Le littoral du Détroit

 Dans la partie située entre le Cap Malabata et  Jbel Moussa, le littoral se distingue par son caractère montagneux où le contact avec la mer se fait par l’intermédiaire de falaises vives. L’absence de plaine littorale a réduit l’extension d’une agriculture rentable. L’essentiel de l’activité agropastorale se déroule sur les versants, avec une opposition entre versant ouest et versant est. Sur les versants ouest,  la répartition de l’habitat (partie médiane du versant), des terroirs agricoles (bas de versant) et des terroirs de parcours sur matorral (haut de versant), est ordonnée par le contact entre les grés de Tizighen et le flysch des Béni Ider. Les versants sont, par contre, aménagés en terrasses et connaissent la pratique des cultures irriguées.  (Gharboaoui  A. La Terre et l’Homme dans la Péninsule Tingitane, p. 309).

Mais ’’cette portion du littoral orientée au nord, faisant face à l’Europe’’ connaît une dynamique activée par les ressources externes de l’émigration, des revenus des économies de l’ombre (Kif et contrebande), en plus du tourisme balnéaire.

 Actuellement la  création  du port Tanger-Med, à 40 kms à l’Est de Tanger, dont les travaux de construction ont débuté en 2003 et devaient s’achever en 2007, est derrière la transformation radicale des paysages et des structures socio économiques au niveau de l’ensemble de la région.

L’ouvrage comprend   un port en eau profonde développant les activités conteneurs, TIR et passagers, une Zone franche logistique de 98 ha attenante au port et une Zone franche logistique de 600 ha située à 20 km du port et qui ciblera principalement les industries à vocation export. Par ailleurs d’importantes infrastructures routières, ferroviaires et de communication sont mises en place pour articuler la zone du port sur le reste du territoire national. 

Les activités prévues, après sa mise en service en 2007, devraient être à l’origine de la création de 140.000 emplois. Ce qui suppose le drainage sur la région d’une nouvelle population dont les besoins résidentiels et de services nécessiteront la création de nouveaux pôles urbains dans des sites déjà sélectionnés (Guezenia, Ksar Sghir-Ksar El Majaz  et Melloussa).

 II.2-le littoral méditerranéen

 Il se présente sous forme d’un piémont composé de deux types de relief : les croupes paléozoïques (Haouz et Beni Said et les avancées en mer de Koudiat Taifor et la presque ile de Sebta) et les plaines littorales (Restinga, Martil, Imsa et Oued Laou). 

Si les terres des  versants des croupes schisteuses, encore couverts d’une végétation forestière, portent des sols généralement peu propices à la mise en culture et essentiellement vouées à l’activité pastorale, celles des plaines, s’étendant sur des terrasses soltno rharbiennes et composées de sols peu évolués d’apport alluvial et colluvial (tirs), sont largement exploitées à des fins agricoles.

 Le contact avec la mer se fait ici par de longues plages de sable interrompues par des cotes à falaises rocheuses.

L’orientation touristique de ce littoral date des années 60. L’Etat marocain le destinait à une fonction touristique de niveau international, en construisant des complexes hôteliers et des villages de vacance. Mais la rareté de la demande internationale et la pression d’une demande nationale en tourisme balnéaire  contribuèrent à un changement d’orientation, en transformant les complexes hôteliers en ensemble résidentiels,  et appartements, vendus à des propriétaires marocains.

 Aussi l’activité touristique a-t-elle été à l’origine de la croissance des centres balnéaires de Mdiq (36596 hab) et Martil (38911 hab.). Ces centres sont aussi utilisés comme banlieues dortoirs pour des fonctionnaires et autres travailleurs qui se déplacent quotidiennement à Tétouan.

Dans le cadre de la vision 2010 actuelle, le Sahel de Tétouan est inscrit dans un projet de repositionnement dont le but serait la remise à niveau des infrastructures et le rétablissement de la compétitivité de la destination balnéaire (composée du littoral et des son arrière pays montagneux) sur le plan international.

 L’ensemble du territoire de la péninsule de Tanger est commandé par les deux métropoles régionales Tanger (497.147 en 1994 et 669 645 hab. en 2004) et Tétouan (277.516 en 1994 et 320.539hab.en 2004).

III- Le pays de Chefchaouen,

C’est un pays montagneux composé de hauts massifs de la partie méridionale de la dorsale calcaro-dolomitique (Jbel Tissouka 2122m Jbel laqra 2159m) qui dominent an contrebas  des crêtes et collines gréseuses ( J ; Bouhachem 1658m, Khizana 1693 m).

Les fortes pentes et l’encaissement des vallées expliquent la massivité du relief de cette montagne du Rif Occidental, réputée humide et largement pourvue en ressource hydriques et forestières.

C’est une montagne située à l’amont des bassins hydrographiques des oueds méditerranéens Laou et Martil, et de l’oued  Loukkos qui a son embouchure sur l’atlantique au niveau de Larache  (atlantiques).

Les formations forestières connaissent une importante extension avec des conditions de régénérations optimales, compte tenu des conditions climatiques relativement humides, les moyennes pluviométriques annuelles dépassent 1000 mm sur les altitudes et les expositions Ouest et Nord ouest. Mais Les changements dans le contexte bioclimatique se traduisent par une grande variété des formations forestières allant de la sapinière en situation d’altitude (forêt de Talassemtane), aux formations d’oléo lentisque dans les bassins et sur les versants ensoleillés, en passants par la cédraie et la subéraie.

Soumise au parcours, aux défrichements pour la création de terres de cultures, la forêt souffre de dégradation et se transforme sur de grandes superficies en matorral à  cistes et à fougères.

La montagne du pays de Chefchaouen offre une grande variété de paysages dominés par la trame forestière. La régularité du dispositif des finages, autrefois conditionnés par les éléments de l’eau et de l’accessibilité à la forêt, est actuellement perturbée par la recherche d’un rapprochement aux axes routiers  pour dépasser l’enclavement. Car si on exclue la ville de Chefchaouen, (35709hab. en 2004 contre 31410 en 1994) et les petits centres développés le long de la route (Bab Taza, Bab Berred), la population est essentiellement rurale.

C’est une population répartie  dans des villages (Dchar) et qui  s’adonne à l’agriculture et à l’élevage  dans des exploitations familiales de taille relativement réduite (vers 3 ha en moyenne).  

L’agriculture est, traditionnellement partagée entre l’autosubsistance et la commercialisation. Elle est fondée sur la pratique des céréales, des légumineuses et de l’arboriculture fruitière, en plus de l’élevage sur parcours forestiers de caprins et secondairement de bovins.

Les revenus générés par la production agricole et l’élevage sont faibles et ne sont pas en mesure de permettre la reproduction sociale des exploitations dont la pérennité  ne peut être expliquée que par l’existence d’autres sources de revenus issus de  l’émigration vers l’étranger et/ou de la pluriactivité.

Mais ces  stratégies individuelles au niveau des exploitations, malgré leur effet apparent sur l’état de l’habitat ou sur la physionomie des paysages, ne sont pas en mesure de provoquer une dynamique à une échelle locale sans l’intervention des pouvoirs publics à même de les valoriser et de les inscrire dans une perspective de développement durable.

A prés avoir fait l’objet du Projet DERRO, qui vient d’avoir 40 ans d’existence, la région de Chefchaouen, connaît actuellement des actions qui visent la protection de la nature, à travers la mise en parc des principaux massifs forestiers ( Parc Naturel de Talassematane, Parc Naturel Régional de Bouhachem), le développement du tourisme rural à travers la création du Pays d’Accueil Touristique (PAT) de Chefchaouen, la promotion des produits agricoles (élevage de chèvre et production du fromage, apiculture, sériciculture), de l’artisanat local et des activités génératrices de revenus.

Ces expériences de développement durable conçues selon la démarche participative sont souvent portées par des associations qui s’activent à l’échelle locale des Dchar (village) en partenariat avec l’Administration, l’Agence de Développement des Préfectures et  Provinces du Nord (APDN), les Organismes de Coopération Internationale et les ONG.

Aderghal M.