
1- Table
ronde sous le thème:
«Problématique de l'urbanisation des campa-gnes: centres
émergents et dynamique rurale
», Faculté des Lettres et des Sciences Humaines, Université
Mohammed V – Agdal, 29-31 mai 2008 à Marrakech.
L’espace rural marocain enregistre encore un retard notoire, par rapport à l’espace urbain sur plusieurs plans. Les aspects de pauvretés et d’exclusion au niveau social, économique et spatial sont frappants, même dans les zones périphériques des grandes villes, relativement favorisées.
Jusqu’à la fin des années 80, la population rurale était privée, partiellement ou totalement, des équipements vitaux et des éléments de confort, ainsi que de la qualité de vie.
Le développement démographique important de certains douars leur a permis de se transformer en petits centres dits «infra-urbain». Cependant, la dynamique et le poids démographique de la majorité des centres ruraux de services n’ont pas été accompagnés d’une amélioration des conditions de vie de leurs populations (cadre bâti, équipements de proximité…).
En vue de développer le milieu rural, d’endiguer les flux des populations vers les grandes villes métropolitaines et diversifier ses activités agricoles et extra-agricoles, l’Etat a encouragé dans le cadre d’une politique d’ « urbanisation d’intermédiaire », la création des petits centres ruraux et urbains de services dans presque toutes les communes rurales. Dans ce sens, plusieurs douars et centres ruraux ont été promus au rang des centres délimités ; d’autres ont bénéficié des équipements socio-éducatifs et sanitaires. La généralisation de l’électrification et de l’eau potable a fait objet de programmes grandioses.
En fait, la dynamique que connaissent certains centres ruraux et urbains a permis la stabilisation d’un nombre important des ruraux sur place, en leur fournissant de l’emploi et les services nécessaires. Ces centres tissent aujourd’hui des relations interactives entre les villes et les campagnes et ce, à travers l’accroissement des flux d’échange dans les deux sens (mouvements de la population, marchandises, capitaux, idées..). Cependant, la réussite de la complémentarité spatiale entres les villes et la campagne demande une démarche participative et des mesures d’accompagnement en l’occurrence la coordination et la concertation entre les différents acteurs (publics et privés).
Dans le but de concrétiser cette approche, les instances chargées de l’urbanisme ont lancé un plan de planification, «Plans Communaux d’Aménagement» (PAC), comme outils de restructuration de l’espace rural, autour des Centres équipés en infrastructures de base. L’objectif étant de mettre à niveau l’espace rural, de faciliter la généralisation des équipements de proximité (l'enseignement fondamental, les soins,…) et de créer des conditions du bien- être des ruraux, à travers : l'électrification, l’adduction de l’eau potable.
La création d’un ministère de l’Habitat, de l’Urbanisme et du Développement Territorial (Octobre 2007), témoigne de la volonté de l’Etat marocain de cadrer de nouveau, sa politique eu égard aux relations « Ville–Campagne » d’autant plus, que dans la déclaration gouvernementale exposée par le Premier Ministre le mercredi 24 octobre 2007, le nouveau gouvernement s’engage à élaborer un programme de mise à niveau et de développement de centres émergents dans le milieu rural. Le but escompté, se résume dans le développement rural comme une alternative à l’exode et à la marginalisation socio-spatiale.
Partant de la réalité de la campagne marocaine en relation avec l’espace urbain, les participants à la table ronde approfondiront, sans doute, l’analyse sur le phénomène de l’urbanisation du milieu rural (contraintes, potentialités et atouts..) et ce, dans le cadre d’une démarche scientifique et pratique. L’objectif étant d’élargir le débat en vue de poser les jalons d’une vision globalisante, portant sur «l’urbanisation intermédiaire» susceptible d’orienter les acteurs et les planificateurs à prendre les décisions stratégiques et de s’enrichir d’expériences d’autres pays.
Afin de traiter cette problématique générale liée à la promotion du monde rural et à son développement, en interaction avec l’espace urbain, nous proposons les axes suivants.
- Dans quelle mesure l’Etat a-t-il réussi, ou a échoué, dans le choix d’une urbanisation intermédiaire (semi-urbanisation de l’espace rural )?
- Les centres ruraux et urbains de services, sont-ils capables d’accueillir et d’intégrer socialement et économiquement les flux migratoires ruraux ?
- Ces centres, seraient-ils en mesure de répondre aux attentes de la population en termes de besoins vitaux à savoir: le logement à un prix abordable,l‘emploi stable et un minimum de confort?
- Compte tenu de l’urbanisation accélérée au Maroc (environ 60%), quel est le sort des campagnes, dans un avenir proche, en face des effets pervers de la mondialisation?
Pour le Groupe de Recherche sur le Monde Rural (GREMR)
Moussa KERZAZI
Coordinateur